Although reading and writing are a big part of my daily life, in my visual art I aim to get across what I cannot verbally articulate, making my way with whatever means are at my disposal. I work with invented techniques, drawing in space or mimicking insects, to help me articulate notions that are beyond my grasp, and best approached intimately. I try to keep the process open and questioning, using looping systems in material (threads looped in and out of each other, bits of tape looped around my finger, historical material scooped up next to current concerns). The material I choose is sometimes nearly as invisible as the space it articulates, or on the verge of disappearing by imminent deterioration. Photographic and video imagery sometimes visually continue a thought,  or document more temporal work, preemptive efforts against this inevitable loss.
Interactivity is implicit here, as a condition of being alive.
(Move, change, refocus.)
K Fuglem 2013/15

 

Mon art doit être vu par le biais du corps. Non seulement « regardé » ou « lu », mais compris à partir d’une vie parallèle, d’une corporalité qui bouge et qui respire, mais qui n’est pas entièrement consciente d’elle-même. Il s’agit de la « visibilité secrète » décrite par Merleau-Ponty : l’aspect physique de l’univers visuel ressenti comme un écho dans le corps. Je vois cette visibilité secrète comme je vois la volonté de combler les lacunes lorsque le sens complet nous échappe, comme dans la communication au sein d’une culture bilingue. Lorsqu’il y a un léger glissement de sens, les gestes, le toucher ou l’expression complètent nos phrases maladroites. J’ai constaté que l’art à l’aspect visuel subtile et viscéralement fascinant nous éloigne de notre constante quête de définition, nous contraint de ralentir et donne lieu à un sens plus profond que ce à quoi nous nous attendions. J’utilise des matériaux qui sont presqu’imperceptibles et des choses qui passent habituellement inaperçues, les travaillant de façon à ce que leurs réactions à la lumière ambiante et aux courants d’air puissent rendre les gens plus conscients de ces constantes présences inaperçues.
Au fil du temps, mon engagement s’est renforcé. Le mouvement de l’air qui anime toute particule, la façon dont de nombreux filaments d’une extrême légèreté forment une sorte d’architecture, les modifications soudaines de la lumière naturelle – tout cela me coupe encore le souffle. Ma conscience aiguë de tout cela et des présences inaperçues que j’imagine en lisant les histoires de notre langue et de nos ancêtres- des français, des anglais, des gens d’ailleurs et des Premières Nations, me contraignent à poursuivre mon travail.

K Fuglem 2012

2012, François Belu, “Discrète Lumière,” Vie des Arts, #212, Summer 2012

2008, Christine Redfern, “Putting a focus on things barely perceptible,” The Montreal Gazette, Montreal, Nov. 15, 2008

2007, Bernard Lamarche, “Karilee Fuglem: Fabriquer l’intangible,” Espace Sculpture no. 79, Spring 2007

2005, James D. Campbell, “Thinking Liminality: Karilee Fuglem Between the Visible and the Invisible,” ETC Montreal, Sep. 2005

2002, Jerôme Delgado «Montrer de l’air», La Presse, June 7, 2002

2002, Gilles Daigneault, “À propos de gravité et de légèretés sculpturales,” Espace Sculpture #61, Fall 2002

2002, Kim Simon, “Karilee Fuglem: Pierre-François Ouellette art contemporain,” Canadian Art, Vol. 19 no.4, Winter 2002

2001, Tomas Jonsson, “Karilee Fuglem: Cumulous,” Artichoke, Summer 2001

2000, John K. Grande, Art Papers, November/December 2000

2000, David Liss, “Luminous Life,” Canadian Art, Fall 2000